Votre bench spécial Liberté de la presse
Bonnes et mauvaises nouvelles pour la presse.
La chronique de Mark Tungate rend son hommage annuel à la Journée mondiale de la liberté de la presse qui prend cette année une résonance particulière.
Je vous écris depuis Budapest, où je participe au jury du festival créatif local Hipnózis. Mai est le mois de la Journée mondiale de la liberté de la presse (le 4 mai), et la censure médiatique reste une réalité dans de nombreux pays à travers le monde. Mais il y a ici, en Hongrie, une raison d’espérer : le nouveau Premier ministre Peter Magyar a récemment prêté serment, mettant fin au régime autoritaire de Viktor Orbán. « La machine de propagande qui a longtemps soutenu le gouvernement de Viktor Orbán semble avoir perdu pied », explique-t-il. « Les médias d’État, privés à la fois de crédibilité et de confiance du public, font face à la perspective d’une réforme radicale. Certains évoquent même une fermeture temporaire de leur service d’information avant une relance sous une nouvelle direction. Le vaste empire médiatique construit par Orbán et ses alliés a lui aussi été ébranlé ; certaines de ses composantes pourraient ne pas survivre du tout. ». Les journaux et diffuseurs indépendants font désormais face à un autre défi, poursuit-il. « Certains pourraient perdre des journalistes talentueux au profit de médias publics récemment restructurés, mais ils doivent aussi redéfinir leur propre rôle. Peuvent-ils rester critiques à un moment où une grande partie de la société est gagnée par une forme “d’euro-manie” et tentée de donner carte blanche au nouveau gouvernement ? S’ils abandonnent leur objectivité, ils risquent de trahir leur propre identité. » Après 1989-1990, la presse hongroise n’a pas su saisir l’opportunité de construire un paysage médiatique indépendant, observe-t-il. « Aujourd’hui, une nouvelle chance lui est offerte. Mais elle ne doit pas la laisser passer, cette fois encore. »
The Guardian – « Point of View, 40 Years On »
Par l’agence Lucky Generals
Pendant ce temps, les guerres continuent de faire rage en Ukraine et au Moyen-Orient et, selon l’endroit où nous vivons, nous ne pouvons pas être totalement certains que l’on nous en montre une version fidèle. La lutte pour la transparence dure depuis si longtemps que l’agence Lucky Generals a pu revisiter, quarante ans plus tard, le célèbre film “Points Of View” du Guardian.
Naisten Linja – « Banned Collection »
Par l’agence Hasan & Partners
Jetons maintenant un œil à des campagnes entièrement inédites. Lorsque certains médias ont commencé à considérer les droits des femmes comme un sujet « politique » et à censurer les contenus en conséquence, une association venant en aide aux victimes de violences conjugales a estimé qu’elle devait réagir. Cette campagne est signée Hasan & Partners, en Finlande.
Reporters sans Frontières – « Vietnam »
Le film suivant a une idée liée à la « démo sécurité qui est plutôt simple à comprendre.
« Pour votre sécurité, seules les informations autorisées par le Parti communiste sont autorisées à circuler… Les journalistes indépendants susceptibles de diffuser des messages “dangereux” doivent rester menottés en permanence… »
Article 19 Office for Mexico and Central America – « Bullet Machine »
Au Mexique, l’Article 19, une organisation engagée pour la défense de la liberté de la presse, s’est associée à Grey Mexico pour réaliser ce film particulièrement percutant. Chaque fois que des journalistes publient des enquêtes critiques envers les personnes au pouvoir, ils s’exposent à des violences — tout comme leurs familles.
Peruvian Association of Cinematographic Press (APRECI) – « The Government’s Cut »
Revenons brièvement à l’année dernière, lorsqu’une organisation péruvienne a dénoncé la censure dans le cinéma en diffusant des “director’s cuts” de films, comme s’ils avaient été remontés par le gouvernement. L’idée imaginée par TBWA est à la fois intelligente et impactante, avec un concept facilement transposable à d’autres pays.
Citroën – « Election 2034 »
Pour finir sur une note plus légère, voici un film récent de BETC pour Citroën. S’il ne traite pas directement de la liberté de la presse, il illustre néanmoins ce qui peut arriver lorsque l’on laisse son fil de réseaux sociaux façonner entièrement son opinion, sans recul ni analyse extérieure équilibrée…
Retrouvez notre précédent bench sur les campagnes relatives à la Liberté de le Presse !
